mercredi 23 mars 2011

Montpellier, Nîmes, Perpignan...
où vivent les Gens du Sud ?

Micro-trottoir : Les "Gens de la Méditerranée"
restent-ils "chez eux" ?

On l'a compris : selon un sondage signé France Soir et Ipsos, 43 pour cent des Français voudrait bien vivre à Montpellier. Et Montpellier n'arrête pas de croître. Au cours de la dernière année, quelque 10.000 personnes se sont transformées en ce qu'on appelle les Nouveaux Montpelliérains.
 
Mais les gens du Sud, sont-ils si contents de leur sort ? Pendant que les "autres" se rapprochent du soleil, les Montpelliérains et autres Méditerranéens cherchent à s'aventurer ailleurs. Ainsi, une Montpelliéraine d'une cinquantaine d'années a fait une découverte intéressante : "J'ai visité Londres, et j'étais invitée au pique-nique dans un petit parc de quartier. Quand les gens ont entendu que je suis Montpelliéraine, tout à coup j'étais entourée... d'une dizaine de personnes nées à Montpellier qui ont fait leur vie à Londres."
 
Est-ce vrai que les "gens du Nord" viennent dans le Sud de la France tandis que les Français du Sud vont ailleurs ? - Une Perpignanaise d'une quarantaine d'années a trouvé sa réponse bien à elle : "Je suis née à Perpignan. Après l'école, j'ai fait mes premières études à Montpellier. Ensuite, j'ai vécu au Canada et en Irlande. Tout cela étaient des expériences magnifiques. Mais finalement, je suis retournée à Perpignan. Et je compte y rester."
 
Toutefois, un Monsieur d'à peu près le même âge qui, comme il dit, est "né Sti" a du mal à trouver de "vrais sudistes." - "J'ai vécu à Nîmes pendant presque dix ans, puis à Montpellier. Mais il est rare que je tombe sur un 'vrai Montpelliérain' ou un 'vrai Nîmois'."
 
Deux jeunes Anglaises, apparemment des étudiantes, qui se promènent à Nîmes aux Jardins de la Fontaine ont fait d'autres expériences. Les deux logent chez des familles originaires de Nîmes, et elles ont l'impression d'avoir à faire avec des gens "du cru". "Le Monsieur de la famille", raconte une d'elles, "sait tout sur Nîmes. Il connaît son histoire, toutes les rues... Et il aime en parler. C'est magnifique." L'autre croit avoir observé la différence entre les Méditerranéens et ceux qui vivent dans le Sud sans y être nés. "On a l'impression," explique-t-elle, "que les gens qui viennent du Nord cherchent le soleil. Tandis que les gens d'ici se cachent en été. Ils ferment les volets et attendent la nuit."
 
Un Monsieur de Béziers n'aime pas parler des "Gens du Sud" en général. "Ici, chaque ville a sa propre histoire. À Béziers, vous trouvez beaucoup de personnes qui y sont nées et qui n'ont jamais eu envie de bouger. Même situation à Narbonne. À Montpellier ou Perpignan, par contre, les gens bougent. Ils ont envie de connaître d'autres endroits. Montpellier est une grande ville, les gens sont plus ouverts, leur éducation pointe plus vers l'extérieur." - Et à Perpignan ? - "Là, c'est le chômage qui envoie les jeunes ailleurs."
 
Un autre sondage soutient que le Montpelliérain "moyen" ne déménagerait qu'une fois tous les huit ans. Toutefois, l'équipe des Gens du Sud de la France a voulu savoir, combien de temps ce citadin "moyen" reste dans sa ville, peu importe combien de fois il déménage. Elle a donc posé la question aux Montpelliérains sur la Place de la Comédie. "Personnellement, je vis ici depuis plus de vingt ans", répond une dame dans la cinquantaine. Et ce chiffre n' rien de rare. Presque la moitié des quelques soixante personnes interrogées sont nées à Montpellier ou logent dans la ville depuis plus de vingt ans. Quelque dix pour cent, par contre, ne vivent à Montpellier que depuis deux à cinq ans. Et encore dix pour cent viennent d'arriver il y a à peine quelque mois et ne comptent rester que quelques mois supplémentaires.
Copyright Doris Kneller

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